Drogues

Les hommes sont surreprésentés (94%) parmi les conducteurs contrôlés positifs aux stupéfiants dans les accidents mortels.

Des effets dévastateurs

Les produits stupéfiants constituent un danger pour la conduite automobile car leurs effets impactent directement le comportement du conducteur et ses réflexes. En 2015, 23% des personnes décédées sur la route l’ont été dans un accident impliquant un conducteur ayant eu un test positif aux stupéfiants.

 

Zoom sur le cannabis

Le cannabis altère la vision, l’audition et les capacités de coordination. Le temps de réaction s’allonge, la capacité de contrôle d’une trajectoire s’amoindrit et la réponse en situation d’urgence se détériore. Certains types de cannabis à forte teneur en principes actifs peuvent provoquer une véritable ivresse.

 

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Zoom sur la cocaïne

Puissant excitant et désinhibiteur, la cocaïne provoque une euphorie, un sentiment de toute puissance et une indifférence à la douleur ou à la fatigue. Au volant, la prise de cocaïne entraîne une conduite plus agressive, associée à des erreurs d’attention ou de jugement. Quelques accidents typiques : perte de contrôle due à une vitesse excessive, collision suite à un changement de direction inopiné…

De surcroît, la consommation de cocaïne est souvent combinée avec d’autres substances telles que l’alcool, l’héroïne ou le cannabis. Ce qui multiplie encore le risque d’accident.

 

La détection des drogues

Les forces de police et de gendarmerie pratiquent des dépistages systématiques sur tout conducteur impliqué :

  • Dans un homicide involontaire
  • Dans un accident corporel lorsqu’il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner que la personne impliquée conduisait après avoir fait usage de produits stupéfiants

 

Des dépistages peuvent également être effectués lors :

  • D’un accident quelconque de la circulation
  • D’infraction au code de la route punie d’une peine de suspension du permis de conduire
  • D’excès de vitesse
  • De non port de la ceinture de sécurité ou du casque

 

Il existe deux types de tests pour détecter la consommation de drogue : urinaire et salivaire. En cas de positivité du dépistage, un deuxième test est réalisé pour confirmer ou non la présence de produits stupéfiants. Si ce test était autrefois pratiqué par prélèvement sanguin, il peut désormais être réalisé au bord des routes par test salivaire. En cas d’impossibilité de réaliser un dépistage salivaire ou urinaire, un prélèvement de sang est effectué par un médecin.

[encadre titre= »Ce que dit le Code de la route » ]drogueLa conduite (ou l’accompagnement d’un élève conducteur) sous l’influence de stupéfiants, quel qu’en soit le taux, est punie d’un retrait de 6 points du permis, et au maximum de 2 ans de prison et de 4 500€ d’amende.
Si le conducteur se trouve également en état alcoolique (0,5g/l dans le sang ou plus), les peines sont portées à 3 ans de prison et 9 000€ d’amende.
Des peines complémentaires peuvent être prononcées (suspension du permis, travail d’intérêt général, stage de sensibilisation…). [/encadre]

 

Stupéfiants et conduite

Ce séminaire a été l’occasion de confronter les points de vue et les expériences menées en France et à l’étranger (en Belgique, aux Pays-Bas, au Canada). Dans un contexte où l’offre de drogues illicites ne cesse de s’amplifier dans le monde, la France constituant aux côtés de la Belgique et des Pays-bas une zone de transit en Europe, selon la récente synthèse fournie par l’OFDT (**).

L’influence néfaste des substances illicites sur la conduite ne nourrit aucune controverse : altération des capacités de concentration, de perception de l’environnement, de mémorisation… et des fonctions psychomotrices. Reste que le « sujet » est plus récent et donc bien moins documenté que celui de la conduite sous l’emprise de l’alcool.

[encadre titre= »Quelques chiffres » ]Dans l’Union européenne, 1/4 des personnes âgées de 15 à 64 ans, en majorité des hommes jeunes, déclare avoir fait usage de drogues illicites. La France est mal classée, avec un taux d’utilisateurs qui atteint 16%.
Et 11% de conducteurs déclarent avoir conduit après avoir consommé des drogues illicites, au moins une fois au cours de l’année écoulée.[/encadre]

Du côté de la réglementation

[miseavant titre= »En France » align= »right » ]Les sanctions des infractions, notamment celle de la conduite sous stupéfiants, est disponible sur le simulateur proposé par le site Service public.[/miseavant]Les pratiques de contrôles et les sanctions sont variées : amende, suspension de permis, retrait de points, voire prison…

En France, sur le modèle de la lutte contre l’alcool au volant, le contrôle s’opère en deux temps. Il commence par un dépistage fondé sur un test salivaire qui détecte le type de drogue consommée (cannabis, cocaïne, opiacés, ecstasy et amphétamines). Si le test s’avère positif, un prélèvement salivaire, analysé en laboratoire, confirme le résultat… et l’infraction. En plus, une prise de sang peut-être demandée par le conducteur contrôlé.

En Belgique, le dépistage puis le prélèvement salivaire sont précédés d’une série de tests de comportement. Une chek-list, bien connue en Amérique du Nord, que les Pays-Bas ont aussi adoptée.

Tous s’accordent sur l’intérêt du test salivaire, pratique, rapide et fiable. L’entreprise Securetec a ainsi présenté les tests qu’elle développe et ne cesse de perfectionner (réactivité plus rapide, sensibilité affinée…).

Éducation et communication

Autre volet capital de la lutte contre les stupéfiants au volant, la sensibilisation des usagers, par l’éducation et la communication. Un aspect jugé partout capital.

Y compris en France où, dans l’année, les principaux partenaires institutionnels devraient se réunir pour inciter les médecins à ouvrir le dialogue avec ceux de leurs patients qu’ils savent consommateurs de stupéfiants. Pour sa part, l’association Prévention Routière a pris le parti d’intégrer la thématique « drogue et conduite » dans la plupart des supports pédagogiques pour les lycéens, par exemple, développés avec l’association Attitude Prévention. En France, la DSR (Délégation à la sécurité routière) a choisi de porter le message de la lutte contre les stupéfiants au volant, notamment dans une récente campagne lancée en 2018.

Que faire ?

L’ETSC liste une série de recommandations qui peut constituer une synthèse commune à l’échelle européenne.

Il s’agit de favoriser la « tolérance zéro » auprès des conducteurs en fixant un seuil (comme pour l’alcoolémie) et développer l’information auprès des forces de l’ordre afin de renforcer l’efficacité des contrôles.

Il faut aussi intégrer la sensibilisation à la conduite sous l’influence de drogues à toutes les situations éducatives (en milieu scolaire, auprès des conducteurs professionnels…), prévoir des programmes de réhabilitation spécifiques pour les conducteurs sanctionnés.

Et aussi poursuivre la collecte de données et la recherche (effets de nouvelles substances, technologies de détection…).

 

Enfin, il est malheureusement encore trop tôt pour connaître l’impact de la dépénalisation (délégalisation) de l’usage du cannabis, sujet sensible en France, qui vient d’être mis en œuvre à l’automne denier au Canada. A suivre.

 

(*) European Transport Safety Council = Conseil Européen de la Sécurité des Transports

(**) Observatoire français des drogues et des toxicomanies