Diabète et conduite : l’hypoglycémie chez l’automobiliste diabétique, un risque sous-estimé et pourtant contrôlable

  • 1/4 des conducteurs diabétiques ont déjà ressenti un symptôme d’hypoglycémie au volant
  • Les  automobilistes diabétiques expriment une attente d’information sur les  risques entraînés par la prise de médicaments sur leur conduite
  • Le  médecin traitant est le principal relais d’information identifié par les  patients diabétiques en matière de prévention du risque d’hypoglycémie

Dans le cadre de l’enquête réalisée par BVA sur le thème de la santé et la conduite*, l’APR et MSD France ont souhaité faire un focus inédit sur les conducteurs diabétiques traités pour un diabète de type 2 et exposés au risque d’hypoglycémie, avec l’objectif de promouvoir les conseils qui permettent à tous de préserver leur autonomie et leur sécurité sur la route.

Le diabète est une maladie dans laquelle on observe un trouble de l’utilisation du sucre par l’organisme, du fait d’un dysfonctionnement du pancréas qui ne libère pas assez d’insuline dans l’organisme. Si un manque d’insuline peut s’avérer mortel, un taux de glycémie trop bas (hypoglycémie) ou trop haut (hyperglycémie) peut provoquer une perte d’attention ou de conscience et avoir une implication sur la conduite d’un véhicule. Au fil des ans, une mauvaise régulation du sucre dans le sang risque aussi d’endommager le système cardio-vasculaire ou le système nerveux, entraînant des complications qui peuvent constituer une entrave à une bonne pratique de la conduite.

Concrètement, quelques réflexes et bonnes pratiques peuvent permettre aux conducteurs diabétiques d’anticiper et de gérer le risque d’hypoglycémie et de s’assurer que leur état de santé est compatible avec une conduite en toute sécurité.

Diabète et conduite : les principaux enseignements de l’étude

La voiture, moyen de transport aussi essentiel pour les diabétiques que pour les autres automobilistes

D’après les résultats de l’enquête, les conducteurs diabétiques ont une fréquence d’utilisation de leur voiture proche de la population générale, puisque 59% d’entre eux utilisent leur voiture tous les jours ou presque, 41% effectuant plus de 12 000 kilomètres par an. Comme pour l’ensemble des automobilistes français, la voiture est, pour les conducteurs diabétiques, un mode de transport essentiel, 1 sur 3 déclare même ne pas pouvoir s’en passer. Et si les conducteurs diabétiques jugent plus sévèrement leur état de santé, 80% se sentent aptes à la conduite, jugeant leur capacité à conduire « bonne », voire « très bonne ».

Les symptômes de l’hypoglycémie chez les automobilistes diabétiques

Problèmes de santé et prise de certains médicaments peuvent altérer la conduite et augmenter le risque d’accident de la route. Selon les résultats du sondage, 3/4 des conducteurs diabétiques déclarent avoir déjà eu un symptôme de santé au volant, un taux supérieur à l’ensemble des automobilistes.

Interrogés sur les principaux troubles ressentis, les automobilistes diabétiques évoquent principalement la somnolence (pour plus de la moitié d’entre eux), des problèmes de vision (42%), des difficultés de concentration (39%), des tremblements ou engourdissements (23%), l’altération de l’appréciation des distances (22%), ou encore des palpitations (21%), des sueurs et une impression de froid (16%). Parmi ces symptômes, plusieurs sont ceux de l’hypoglycémie. En l’occurrence, 27% des conducteurs diabétiques déclarent avoir déjà ressenti les symptômes de l’hypoglycémie au volant.

Questionnés sur les pratiques de prévention permettant de limiter le risque d’accident, 60% des conducteurs diabétiques déclarent modifier leur conduite – en prenant avec eux une collation, en prévoyant des pauses pour s’alimenter, en testant leur glycémie avant de partir ou en évitant certaines heures pour conduire. Un constat encourageant mais à améliorer puisque les 40% restants déclarent ne pas modifier leur conduite en raison de leur diabète. La plupart des automobilistes diabétiques déclarent prendre leurs médicaments comme d’habitude lorsqu’ils ont prévu de faire un trajet en voiture, un fait qui montre que le danger que représentent les problèmes de santé et la prise de certains médicaments est parfois mésestimé par les conducteurs diabétiques.

Le rôle d’information essentiel des médecins traitants

Les médecins sont les principaux relais d’information des automobilistes diabétiques sur le sujet de la santé et la conduite, puisque dans 60% des cas, c’est lors de la prescription d’un médicament par un médecin que le diabétique reçoit une information à ce sujet. Quand ils ont ressenti les symptômes de l’hypoglycémie en situation de conduite, 43% des automobilistes diabétiques disent ne pas en avoir parlé. Quand ils le font, c’est d’abord à leur médecin traitant (pour 37% d’entre eux) puis à leur entourage (pour 20% d’entre eux).

Plus préoccupant, il ressort de l’enquête que moins d’1 automobiliste diabétique sur 2 a été averti des risques que pouvaient avoir le diabète sur sa conduite, le médecin étant de loin le professionnel de santé le plus impliqué dans cette sensibilisation puisque plus d’un 1/3 des conducteurs diabétiques ont été avertis des dangers de leur maladie par un médecin. Par ailleurs, 42 % des automobilistes diabétiques s’estiment mal informés sur les risques entraînés par une prise de médicaments sur leur conduite et 3 sur 4 ne connaissent pas la réglementation relative à l’aptitude à la conduite, ces constats traduisant une attente d’information importante. Dans ce contexte, le médecin de famille apparaît comme le référent naturel puisqu’en cas de problème de santé, 66% des conducteurs diabétiques lui demanderaient conseil en priorité, largement devant le médecin spécialiste, auquel seuls 20% des automobilistes diabétiques interrogés s’adresseraient.

La conduite automobile est une tâche complexe qui nécessite des capacités perceptives, motrices et cognitives importantes. La santé du conducteur est par conséquent essentielle pour sa sécurité et celle des autres usagers. Si certaines affections médicales, handicaps ou certains médicaments peuvent modifier cette capacité, de simples précautions, adaptations ou changements d’habitudes permettent de sécuriser la conduite. Savoir détecter les risques, s’équiper en anticipation d’un symptôme d’hypoglycémie ou s’informer auprès de son médecin peut permettre aux automobilistes diabétiques de conduire en sécurité et de préserver leur autonomie.

* Enquête online réalisée par BVA du 29 mai au 8 juin 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 automobilistes âgés de 18 ans et plus parmi lesquels 36 se sont déclarés diabétiques, ainsi qu’un échantillon de 200 conducteurs atteints d’un diabète de type 2, soit au total 236 automobilistes ayant un diabète de type 2.

 

Les professionnels de santé, leurs patients conducteurs et les risques routiers

Avec le soutien de la MACSF1, notre association sensibilise les professionnels de santé sur les risques liés à la conduite pour les patients.

Les résultats d’une étude

Thématique de l’étude2 : la diffusion des messages de prévention routière auprès des patients.

Le rôle essentiel des professionnels de santé en matière de prévention routière

  • Plus des ¾ des praticiens interrogés (77%) pensent avoir un rôle à jouer en matière de prévention routière.
  • Près de la moitié des professionnels de santé regrettent le manque d’information (45%) et de formation (54%) sur les pathologies ou traitements pouvant altérer les facultés à conduire.
  • La somnolence, les addictions et les troubles de la vision sont les 3 cas les plus cités nécessitant de délivrer une information aux patients (risques encourus et bons gestes à adopter).

Des patients à informer et à conseiller

  • La quasi-totalité des professionnels de santé (97%) estiment légitime d’informer les patients sur les différents risques de la conduite liés à leur pathologie ou à leur traitement
  • Pour à peine un peu moins (93%), l’information doit aussi porter sur la nécessité d’adapter leur conduite à leurs capacités
  • Plus des 2/3 (71%) considèrent logiquement qu’ils ne sont pas légitimes pour interdire la conduite
  • Attention !
    Moins d’1 professionnel de santé sur 2 (42%) est conscient que sa responsabilité peut être engagée lors d’un d’accident causé par l’un de leurs patients dont la pathologie ou le traitement est susceptible d’altérer la capacité à conduire:

(1) Mutuelle d’assurance du corps de santé français, la MACSF est le 1er assureur des professionnels de santé
(2) Étude « Prévention Routière », menée par la MACSF et l’association Prévention Routière, réalisée en février 2018 en France auprès de 578 professionnels de santé (médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers, kinésithérapeutes…) sociétaires MACSF.

Les sages-femmes
Elles sous-estiment leur rôle à 38%. Alors même qu’elles sont bien placées pour diffuser des conseils aux femmes enceintes et aux parents sur l’installation des jeunes enfants en voiture.
A la fois pour que les jeunes passagers voyagent dans les meilleures conditions et qu’ils soient bien attachés.

Une brochure et des fiches en ligne

Objectif : faciliter le dialogue entre professionnels de santé et leurs patients sur les risques liées à la conduite.

21 fiches thématiques sur les pathologies et les traitements impactant la conduite, avec des rappels simples de la réglementation et des recommandations, sont mises à la disposition des professionnels de santé.

Les 21 fiches à consulter